Surchauffe économique et inflation chinoise, doit-on réellement s'inquiéter ?

A première vue, oui, la crainte de voir grossir une bulle économique est bel et bien justifiée. Cela fait plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, que l’on entend parler de hausses de prix dans le foncier (et autres secteurs) assez spectaculaires, du côté de la troisième puissance économique mondiale.

Effectivement, les prix ont cru de façon spectaculaire sur un an. La reprise des exportations a été forte, et la demande intérieure chinoise est elle aussi, en plein boom. Chiffres à l’appui, la production industrielle a augmenté de 20.7%, et les ventes de détails de 17%. En février, l’indice des prix à la consommation à augmenté à 2.7%, en dessous cependant donc des 3% que s’est fixé l’Etat chinois.

Ce phénomène, sur fond de reprise économique global, risque de s’accentuer. On connaît les conséquences graves que peuvent produire l’éclatement des bulles et c’est la raison principale de l’intérêt particulier qu’il faut attribuer à l’Etat de la Chine.

Ceci dit, en économie comme dans tous les domaines, ces chiffres sont à relativiser. Sur un an, effectivement, les hausses des prix (immobiliers, à la consommation, etc.) sont très importantes. Mais en 2009, même si la Chine n’a pas souffert autant que les USA de la crise globale, son activité s’est quand même ralentie, étouffée par la baisse de la demande. Il n’est donc pas anormal que ces mêmes prix reprennent vie et retrouvent des niveaux d’avant crise.

D’ailleurs, si l’on compare les niveaux de prix d’aujourd’hui avec les niveaux de prix d’avant crise, l’augmentation n’est pas immense, loin de là. Pour une économiste de Natixis, il n’y a donc pas de risque inflationniste.

Ceci dit, même si effectivement il y a eu une crise majeure, le rebond est quand même assez spectaculaire.

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Les chefs d'Etat français et chinois, N. Sarkozy et Hu Jintao

Le gouvernement, en plus des 3% d’inflation à ne pas dépasser, s’est fixé une règle monétaire nécessaire : limiter le niveau des prêts consentis par les banques, pour éviter que l’économie ne surchauffe. Ainsi, en 2010, les banques chinoises ne pourront prêter que 7 500 milliards de yuans (800 milliards d’euros), contre 9 500 milliards en 2009.

A suivre avec sérieux, car la Chine, tout le monde le sait, pèse lourd, très lourd dans la balance du commerce mondiale. La machine tourne à plein régime actuellement, il ne faudrait pas qu'elle s'emballe