Il faut croire que le plan de sauvetage de la Grèce n’a pas réellement convaincu les marchés. En tout cas, beaucoup moins d’investisseurs ont souscrits à la lever de fonds grec par rapport aux émissions précédentes réalisées ces dernières semaines.

Hier, à peine son plan de sauvetage décidé, Athènes a souhaité tester sa crédibilité face aux marchés. Une lever de fonds de 5 milliards d’euros, pour laquelle la demande aura été de 7 milliards, soit beaucoup moins que les niveaux de demandes des précédentes émissions.

Les deux dernières émissions avaient attiré à chaque fois le triple du montant levé.

Les obligations ont été émises à un taux de 5.90%. Si l’on compare ce taux aux références bonds allemandes (la référence en zone euro), la différence s’élève à plus de 300 points de base. Logique, compte tenu de l’Etat budgétaire de la Grèce. Ces obligations seront remboursables dans 5 ans.

Si je compare donc les niveaux de la demande, j’en déduis que les marchés n’ont pas été séduis, rassuré, convaincu par le pan adopté un peu dans l’urgence par les Etats membres de la zone euro. Un plan de sauvetage qui prévoit une aide sous forme de prêt en dernier recours. L’objectif de cette aide est évidemment de ne jamais s’en servir. Les prêteurs en dernier recours seront le FMI (alors que Paris y était opposé) ainsi que les Etats membres, proportionnellement au capital qu’ils détiennent dans la BCE.

Politiquement, les chefs d’états et gouvernements avaient à cœur de mettre en place ce plan, pour faire apparaître un semblant d’union au sein de la zone euro. Quoi qu’il en soit, la Grèce doit encore lever énormément de fonds d’ici à la fin de l’année (dont 20 milliards d’ici fin mai) pour refinancer sa dette.

Parviendra-t-elle à s’en sortir seule, face aux marchés, sans l’aide des Etats européens ? Réponses dans quelques mois…