Ce jeudi, le taux d’emprunt à 10 ans de la Grèce a battu un record historique. Il s’est éloigné de plus 400 points de base du taux de référence en Europe (obligation allemande), s’élevant à 7.31%.

Cette tension sur les taux montre que l’épisode Grec n’est pas terminé. On sent bien que « l’accord » signé en urgence par les pays membres de l’UE ne rassure pas, surtout quand cet accord s’est réalisé sans réelle entente (la France voulait que seul les pays membres soit « garants » de la Grèce, les allemands souhaitant que le FMI s’y ajoute).

Pis encore, les effets du plan de stabilité et de croissance qu’a présenté la Grèce devant la commission européenne au mois de janvier, passe inaperçue. En même temps, quel individu censé peut croire que ce pays peut passer déficit de 12% (aujourd’hui) à un déficit de 2.8% du PIB en 2012 ?

Ces prévisions sont une blague, rien de plus.

Même si, par un formidable excès d’optimiste, on croyait pendant quelques minutes les grecs, à quel prix pourraient-ils réduire autant leur déficit ? Des hausses d’impôts, comme elles sont prévues, ne risqueraient-elles pas de plomber la consommation intérieure du pays ?

Bref, mon avis est simple : un pays qui a réellement triché sur ses comptes pour faire partie d’une union économique dont le maître mot est la stabilité budgétaire, n’a absolument rien n’a y faire. Une sortie de la zone euro de la Grèce n’aurait à mon sens pas décrédibilisé l’union européenne, comme certains peuvent le penser. Une sortie des grecs aurait au contraire montré que les pays membres veulent d’une union saine, qui tient ses principes économiques et qui ne tolère pas de laxisme, pire, de tricheries. 

Autre question que l’on peut soulever, le cas de la Grèce est-il si important que cela ? Leur niveaux de dettes (115% du PIB) et de déficit (12% du PIB) sont certes importants et très éloignés des accords européens. Mais la Grèce, c’est 2% du PIB de l’union européenne.

Et si le cas de la Grèce est si grave, que faut-il penser de la dette japonnaise par exemple (200% du PIB) ? Le Japon, contrairement à la Grèce, n’est pas une plume économique. C’est quand même encore aujourd’hui la seconde économie mondiale