A côté des banques de Wall Street et des 20 milliards de dollars accordés à leurs opérateurs de marchés, les bonus versés par les banques françaises paraissent menus.

Le politiquement incorrect

En France tout particulièrement, les primes accordées aux traders sont très, très mal vues. En général, les français ne comprennent pas, n’admettent pas que l’on puisse donner à une certaine classe de professionnels de la finance des montants colossaux.

Nicolas Sarkozy a été l’un des précurseurs  dans la mise en place de restrictions  des bonus distribués. Une taxation de 50% concernant les bonus supérieurs à environ 25 000 euros, les paiements différés sous conditions, etc. Evidemment, on connaît par cœur la raison de cette fermeté. Les français n’aiment pas l’argent, ni ceux qui en donnent, ni ce qui en reçoivent. En France, il vaut mieux être pauvre que très riche. Devant ces milliers de chômeurs, comment ose-t-on de tels faits ?

La France oublie que l’on n’est pas seul au monde

Les français ont un vilain défaut. En plus du fait qu’ils font partie, en zone Euro, de ceux qui ont le moins de notion d’économie, ils négligent la dimension mondiale, globalisée, dans laquelle évolue notre pays. Non, nous ne sommes pas seuls, et encore moins au centre de la planète. La France fait partie des pays qui ont à s’accrocher pour se faire une bonne place dans l’économie mondiale.

Que se passe-t-il si du jour au lendemain, on stoppe en France de rémunérer ces financiers qui rapportent, qui plus est, beaucoup à leurs banques ?

La matière grise partira voir ailleurs (Londres, Zurich, NY, etc.) et la France sera la grande perdante de ces mesures.

La question des montants distribués et des risques pris, je le rappelle, est discutable. En revanche, le fait de payer largement en dessous des « normes » du métier, ce n’est pas négociable. C’est ensemble que tous les pays doivent limiter ces montants, s’ils le souhaitent. Si ce n’est pas ensemble, cela ne sert à rien !

Et quand on voit qu’Obama n’a pas réussi à changer d’un poil les pratiques aux US, on se dit que rien n’est prêt de changer.

Ces bonus sont-ils légitimes ? Evidemment.

Je persiste et signe : devant une telle concurrence internationale, les bonus alloués aux opérateurs de marché sont légitimes et nécessaires. La CIB (banque de financement et d’investissement) de la BNP a porté ses gains à 9 milliards d’euros en 2009, rien que ça ! Si la plupart de nos banques sont rentables et tiennent la route, ce sont en grande partie grâce à ces départements d’investissement. L’argent, pour 95% d’entre nous, fait partie des sources de motivation sur le plan professionnel. Au vue des gains réalisés par ces branches de métiers, il est normal que des bonus atteignent souvent 6 chiffres. Ce qui n’est pas normal, c’est que les gains réalisés le soient sur de la spéculation dangereuse, pouvant mettre en péril une monnaie, un Etat, une entreprise.

Sans réelle surprise, ce sont les traders de la BNP qui seront les mieux lotis cette année, avec en moyenne un bonus par tête de 250.000 euros. Arrivent à la suite, les opérateurs du Crédit Agricole (245 000 euros), de la SG (213 000 euros), du CIC (186 000 euros) et enfin de Natixis (130 000 euros).

societe_generale

Le siège de la Société Générale, dans le quartier de la Défense